Aujourd'hui, fontaine vue au travers d'un arbre à papillon presque mort.
Peu à peu, j'arrive à retrouver du plaisir à mes tours dans le jardin, à peine arrivée hier soir j'ai jardiné, en ce moment j'enlève surtout les fleurs fanées des rhodos, désherbe vaguement les pieds des plantes et plantules qui manquent de lumière, mon mari ôte peu à peu les branches mortes voire les arbustes disparus, nous le faisons très progressivement car d'expérience certaines plantes peuvent encore démarrer. Le froid a fait des ravages considérables sur tout ce qui avait démarré trop tôt, même un althéa semble avoir perdu les trois quart de ses branches, situées côté vent.
En temps normal j'aurais remplacé immédiatement, mais je préfère cette année devant l'ampleur des pertes me donner le temps de la réflexion, je ne pourrais de toute façon pas suivre les arrosages de plantations tardives, si par hasard un été daigne survenir enfin.
Le sourire de mon rosier Sourire d'Orchidée me réconforte tant par sa générosité que par sa grâce.
Sourire d'Orchidée et à sa droite Marie Jeanne
Parmi mes rosiers survivants beaucoup n'ont plus qu'une seule branche maîtresse, d'autre repartent simplement du pied, des lavatères arbustifs avait bizarrement démarré sans problème, l'un d'entre eux semble vouloir mourir d'épuisement maintenant ses feuilles se flétrissent toutes, heureusement les vivaces sont au rendez vous.
Géranium Johnson Blue et comte de Chambord
Branche survivante de Rhapsody in Blue et Népéta
J'essaie de mélanger aussi les grimpants, en haut l'admirable rosier Madame Alfred Carrière mariée à un chèvrefeuille, en dessous New Dawn rejoint un jasmin.

L'intrus de la terrasse peut fleurir aujourd'hui, lorsque la dissonance criera je couperai ses boutons, simplement.
L'espoir de ce grimpant planté à l'automne, Palais Royal, admiré dans le Berry chez une de mes belles soeurs.
Winchester Cathedral
Louis XIV aimait les jardins sans trop de fleurs, il affirmait: "Un jardin trop fleuri est comme une femme portant trop de bijoux."
Et parfois je le rejoins, en ce moment la vue de certains jardins me comblent d'horreur, le trop est l'ennemi du beau. Ne sachant cependant renoncer à l'agrément des fleurs, j'essaie de garder en tête que les fleurs blanches ne heurtent jamais, ne fatiguent jamais. La terrasse est fleurie de blanc, avec des touches rosées et un intrus (dont je coupe les roses rouges lorsqu'elles me heurtent trop)
Winchester Cathedral est une obtention de David Austin, remarquable petit rosier jamais malade presque toujours en fleurs, enfin selon les climats, je ne les traite strictement jamais, mais je ne sais pas comment il se comporte sur des sols calcaires et sous des climats chauds. Son parfum est légèrement citronné.
La fleur de ce rosier présente, chez moi, souvent des coquetteries roses, ce matin j'ai enlevé les roses fanées afin de stimuler des refloraisons plus rapides et plus importantes je me suis amusée à constater que cette année une proportion importante de roses affichent leur parenté avec Mary Rose.
Je n'ai jamais acheté de rosiers chez Austin ceux là viennent de chez un horticulteur proche de chez moi, il les mène "à la dure" et je fais de même, un apport de fumier par an, suppression des inflorescences fanées et un arrosage copieux par semaine s'il ne pleut pas, car ils sont proches de la maison et je les chouchoute quand même un peu plus afin de les faire davantage fleurir.
Le cadeau de ma terrasse fleurie me fait un peu oublier la dureté de mes pertes cette année, chaque fois que je l’aperçois, je suis heureuse de m'être souvenue du principe si rigoureux mais finalement si vrai que la sobriété peut rivaliser avec le sublime, enfin à mon goût...
Mes jeunes avaient remarqué ce superbe arbuste aux allures japonisantes, me demandant son identité je la leur donnais, je riais car je savais parler latin!
Ma belle fille qui me connait bien me demanda alors:
-Il n'a pas de petit nom celui là?
-Hélas je ne lui en connais pas, si ce n'est qu'il fait partie de la grande famille des Viornes, comme le célèbre "Boule de neige" mais sans s'être cependant rendu accessible par son nom, car en fait sa culture ne demande qu'une chose, l'acheter et le bien planter.
détail de la fleur
Boule de neige, sur fond de noisetier pourpre
Sourire d'Orchidée
Goldfinger
Camille photographiait ce que je lui demandais en faisant le tour du jardin avec moi, je lui ai demandé de prendre en photo les quelques roses courageuses et précoces qui m'ont fait le cadeau de s'épanouir alors que je désespère encore devant les bois morts en attendant un miracle de plus en plus improbable. Les rosiers de la terrasse dont Weschinster Cathedral, Iceberg, New Dawn, Marie Jeanne ont bien mieux supporté cet hiver traître après s'être montré si doux.
Les rhodos ont pleinement justifiés leurs dormance habituelle par leur éclat actuel, ils illuminent le jardin pendant trois si jolies semaines.
Trésor caché de fond de jardin.
D'autres s'imposent tout de suite dans le jardin.
J'ai longtemps regretté que mon épine rose soit, rose, elle eut pu être blanche, sa floraison sur le pourpre de l'érable me heurtait, cette année je lui suis reconnaissante d'être là, fidèle et sans complication.
Je ne quitte jamais mon jardin sans saluer Trévor, coucou Trévor (et aussi Keno et mon cèdre, et d'autres trucs aussi..)
Toutes les photos sont de mon fils, Camille, qui fut l'investigateur de la remise en eau de ce vieux bassin, qui à défaut d'être parfaitement aménagé est tout à fait habité.
Poissons rouges, tritons, couleuvres à colliers, salamandre venant y pondre, crapauds en période d'amour et bien entendu grenouilles peuples ce monde assez obscur, très naturel.
Souvent, je m'assoie matin et soir quelques minutes sur le banc auprès de ce bassin, je vois la maison avec l'écran du jardin, je suis à la fois proche et loin, les poissons ne troublent jamais ma tranquillité, au contraire leur contemplation m'apporte une sensation de paix très vite.
Plongée simultanée d'un triton et d'un poisson
Difficile de raconter le ballet des poissons auquel répond lorsqu'on lève les yeux celui des milans royaux dont un couple niche dans le petit bois, au bout du pré, je me demande si je verrai les premiers vols des petits.
Il y avait eu la préparation, de ce double baptême, fleurs et dragées, repas et même la cérémonie, rien ne fut oublié.
Après le mariage de Charlotte, j'ai décidé d'apprendre un minimum de technique afin de pouvoir composer moi même des bouquets, volonté d'utiliser mes fleurs, de créer moi même ce que j'ai imaginer, au pire de me planter et aussi encore "homo économicus" parlant, honnêtement le plaisir de créer ces compositions dominait le reste.
Uniquement avec des fleurs du jardin
Ou pas!
Cérémonie des baptêmes, suivie avec attention par les grands et aussi les petits.
Puis agapes familiales, grand buffet froid, après une ou deux coupes de champagne, buffet traditionnel chez nous , afin de simplifier au minimum le service tout en respectant la liberté de tous.
Le soir, nous continuions, avec des restes!
Ces enfants ont été baptisées il y a six mois, mais je n'ai jamais pris le temps de poster ces photos, de bouquets alors que j'avais promis de le faire!
Il est très doux aujourd'hui de me replonger dans ces souvenirs de fêtes familiales de l'été dernier, me projetant ainsi dans celles qui seront.
J'avais choisi une crèche très jeune après la naissance de Charlotte, je la voulais naïve, colorée et heureuse, j'ai commencé alors ma collection de santons Grattaloup, j'ai d’ailleurs vu qu'encore beaucoup de sujets me tentent, la maman avec son bébé dans les bras, le petit cochon tout rose, l'africaine en boubou qui tiendrait enfin compagnie à l'africain, la si ravissante petite vieille à chapeau à fleurs et d'autres miniatures qui me paraissent pouvoir compléter avec bonheur ma collection. Il ne sera pas nécessaire de sortir tous les sujets chaque année, on alternera ainsi les plaisirs.




La crèche cette année a été réalisée par les enfants, j'étais très réticente sur l'attitude suicidaire de l'ange sur le toit de la grange, mais rien de ce que je pus dire les a convaincu. Je prendrai demain matin d'autres photos, ce soir à la nuit tombée, les lumières se réfléchissant dans la baie devant laquelle on l'a installé m'ont gêné, et pourtant une crèche n'est vraiment bien que lorsqu'elle ouverture au monde, aux autres, à ceux qui passent.
J'avais dit: "Pas de déco, cette année, en ville, les vacances commencent tôt, les enfants sont grands c'est inutile!"
Une fois encore j'ai parlé trop vite, mes jeunes préparent mille petits cadeaux pour leurs frères, soeurs, neveux et nièces, ils attendent avec impatience cette réunion de famille, alors, ce matin, j'ai craqué et j'ai mis ça et là dans le salon quelques touches de Noël, sans verdure ni rien, que ce que j'avais sous la main.
Alice l'an dernier avait réalisé chez elle une déco de ce type, j'avais trouvé l'idée excellente et facile à réaliser, j'étais heureuse de m'en souvenir lorsque j'ai ouvert mon armoire afin de faire le bilan de ce que j'avais sous la main, pas grand chose, à vrai dire, presque tout ce que j'ai pu accumuler pendant des années est à la campagne.
Ce coin du salon est décoré uniquement avec quelques boules or, j'ai changé de places bibelots et lampes afin de pouvoir coordonner l'ensemble.


Je garde toujours les plus minuscules fantaisies ornant boîtes de chocolats, bouquets et autres cadeaux, et m'en ressers suivant leurs styles pour différentes occasions où j'aime que le décor se mette au diapason des fêtes de famille.
Le côté salle à manger ainsi que le coin bureau sont plus chaleureux, les grosses plantes vertes apportent un côté très naturel réconfortant à la pièce.
Bureau avec ses fils, sa box... et ce philo dont les racines aériennes ont un réseau concurrentiel...
La petite crèche fut elle aussi sortie, un bougeoir improvisé puisque je n'en avais pas sous la main.J'essaierai dès demain de compléter son décor, peut être avec une petite dégoulinade de lierre.